Le passé

A Múlt

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Jusqu’ici, je ne voulais même pas me l’avouer, mais l’époque romantique du blogging de LifeT!lt est terminée. Tout va complètement changer ici cette année et je vais repartir sur de nouvelles bases, mais avant ça, j’ai encore une petite chose à régler, parce que je ne peux pas construire l’avenir sans tourner la page du passé. Ce post parle du passé, des erreurs que j’ai commises avec le temps, de la fin d’une époque que j’ai aimée, qui était moi, et qu’on ne peut plus écrire comme avant.

J’ai toujours pensé que le Tilt n’était qu’un blog, rien qu’à moi, que personne ne pouvait me l’enlever, que je ne le partageais avec personne, que je pouvais tout garder en main ; à part moi, tout le monde était un connard incompétent, incapable de faire ne serait-ce qu’un dixième de ce que je fais. Mais avec le temps, j’ai dû me rendre compte que le Tilt m’avait depuis longtemps dépassé et que je n’étais pas capable de suivre seul. À partir d’un certain stade, construire quoi que ce soit exige une telle énergie et tant de ressources intellectuelles qu’il faut choisir : s’effondrer dans un ravin, le poids des tâches sur les épaules, ou mesurer ses limites, admettre qu’on n’y arrive plus seul et qu’il faut partager le fardeau avec d’autres, sinon c’est fini, les tâches nous réduisent en miettes et le chant s’arrête.  

Au fil du temps, beaucoup de gens ont voulu s’accrocher au Tilt d’une manière ou d’une autre, parce qu’ils y ont vu du potentiel. Beaucoup de nouveaux visages, beaucoup de sourires hypocrites et intéressés, tout le monde voulait quelque chose de moi. Juste un conseil diététique, juste un petit coup de main, que je jette un œil à son programme d’entraînement, savoir si j’ai le temps pour un rendez-vous, mais vraiment juste une demi-heure. Et le pire, c’est que tout le monde venait me voir avec une illusion, avec l’image qu’ils s’étaient faite en lisant le blog. Comme quand on lit un livre et qu’une image se forme dans notre tête, mais qu’elle n’existe que là, et je n’ai jamais voulu me conformer à cette illusion, parce que ce n’est pas moi, même si je savais très bien ce qu’ils voulaient voir, et aussi ce que je devais leur montrer. benedekbence est une personne qui n’existe pas ; on peut certes en tomber amoureux, mais m’identifier, moi, Balogh Tamás, à lui serait une aussi grande erreur que de rêver d’une vie comme celles qu’on voit dans les films. Les femmes sont capables de croire aux illusions et de chercher l’homme parfait toute leur vie, parce que c’est ce qu’elles ont vu au cinéma et dans les contes, alors elles dévorent ces conneries romantiques. Mais les hommes ne valent pas mieux : ils voient un James Bond en tous ceux qu’ils trouvent un peu plus couillus qu’eux, ce qui, avouons-le, n’est pas bien difficile de nos jours.

Je ne suis moi aussi qu’une illusion dans l’esprit de milliers de femmes. Un personnage imaginé, un premier rendez-vous où tout est merveilleux et putain de romantique, dont elles sont tombées amoureuses sur Internet. Mais, dans le meilleur des cas, un premier rendez-vous est suivi d’un troisième, d’un quatrième, d’un cinquième, les mois passent et le décor s’effondre de plus en plus, parce que nous sommes humains. Avec nos faiblesses, nos défauts, nos problèmes, nos émotions, nos soucis et des périodes désespérément difficiles, car la vie nous met tous à l’épreuve et nous malmène. Ma vie n’est plus la même qu’au moment où j’ai commencé à écrire ce blog. Mes priorités ont changé. Je ne façonne plus mon corps, mais ma vie, mon avenir, et une entreprise dont, à long terme, vous aussi profiterez, pas seulement moi.

Pendant les 22 mois de Tilt, mais surtout au cours de la dernière année, je me suis fait énormément d’« amis ». Pas mal de gens ont gravité autour de Tilt pendant cette période, tandis que je commençais à vivre à un rythme tel que des semaines s’écoulaient sans que j’aie dix minutes pour réfléchir à ce qui se passait autour de moi. À qui pouvais-je faire confiance ? Qui voulait simplement profiter, sans rien apporter, d’une entreprise en plein essor que j’avais bâtie au fil des mois, malgré tant de difficultés et avec un travail acharné ? Bien sûr, certains pensent maintenant que j’exagère et que j’en fais trop, mais ce n’est pas du tout le cas. J’ai compris que quelque chose n’allait vraiment pas quand même les personnes appartenant aux plus hautes sphères de Tilt devaient prendre rendez-vous avec moi pour savoir quand j’aurais au moins une demi-heure à leur consacrer afin de discuter des sujets importants qui influençaient l’avenir de Tilt.

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Et moi, je me laissais simplement porter par le courant. J’allais d’un rendez-vous à l’autre. Je commençais à 7 heures du matin. J’avais une réunion à 10 h 30 sur la route de Budafok, mais dès 12 h 30, je devais être à Pasarét pour un enregistrement radio. Ensuite, les événements, les tournages et les rencontres avec des journalistes s’enchaînaient, et c’était comme ça tous les jours, pendant des mois, de 7 heures du matin à 23 heures, tout en restant en contact avec les personnes proches de Tilt. Chacune d’elles avait droit à dix minutes nettes, si tant est qu’elle les ait, et encore, si possible en phrases courtes, parce que je devais repartir. Et je n’ai même pas encore parlé de l’organisation des événements annoncés sur Tilt. En plus, il fallait aussi que j’écrive des publications, tout en trouvant constamment quelque chose de nouveau à dire et en continuant à apporter cette énergie et ce renouveau qu’on attendait de moi.

À ce moment-là, le sol s’est dérobé sous mes pieds. J’ai perdu le contrôle et, sans encore m’en rendre compte, j’ai commencé à faire un burn-out. J’étais constamment en retard, j’arrivais presque en catastrophe aux rendez-vous et je n’arrivais plus à rattraper mon retard. Grâce à toute l’énergie investie, cette période a été la plus fructueuse de l’histoire de Tilt, mais aussi la plus sombre, car j’ai blessé des gens et piétiné des personnes qui ne le méritaient pas. Mais j’étais incapable de leur prêter attention ou de me soucier de leurs sentiments, car je ne faisais alors que tenter de survivre.

Ce mode de vie exigeait une énergie incroyable, et je n’aurais pas pu le maintenir seul à long terme. Mais les personnes autour de moi travaillaient dans l’ombre pour me soutenir, et sans leur aide, Tilt n’en serait pas là où il en est aujourd’hui. Pour donner un chiffre précis, 8 000 mentions J’aime en 5 mois. Je n’ai pas suffisamment apprécié ces personnes, je ne leur ai pas accordé l’attention qu’elles attendaient de moi, et à juste titre, je dois le reconnaître. Mais, pendant cette période effrénée, je n’avais tout simplement plus ni la force ni l’énergie de m’occuper d’elles, et encore moins de régler leurs problèmes. Car, une fois mes tâches de la journée terminées et leur tour venu, vers 23 heures, je m’effondrais chez moi, épuisé, comme un zombie, et à ce stade, je n’en avais vraiment plus rien à foutre des problèmes des uns et des autres.

Ces personnes ont aujourd’hui disparu de ma vie. Je leur dois énormément, et je n’ai plus l’occasion de le leur dire en personne.

 

Tilt continue d’évoluer et exige un investissement constant en énergie. Des travaux et des processus très exigeants sont en cours en coulisses, dont vous n’avez aucune idée, et surtout, vous ne savez pas ce que signifie poser les fondations d’une entreprise. Car, soyons honnêtes, Tilt n’est plus depuis longtemps un blog, le journal intime d’une personne, mais bien plus que cela. Et même si je n’avais pas voulu m’en rendre compte de moi-même, la vie m’y a conduit.

En Hongrie, rien n’est simple. Trouver les bons spécialistes pour un travail donné est loin d’être aussi facile qu’on pourrait le croire, et je n’ai même pas encore parlé du facteur humain. Essayez donc d’organiser une fête surprise pour un copain en faisant en sorte que tout se passe comme prévu. Certains auraient déjà du mal à gérer ça, alors imaginez bâtir quelque chose en partant littéralement de zéro, dans un environnement où l’on vous attaque presque dès le début. Ajoutez à cela les lois de la jungle du monde des affaires, les méandres juridiques, un État qui n’est pas là pour vous faciliter la vie et les luttes contre les petites gens mesquins qui croisent votre chemin. Si la vie quotidienne est une compétition éliminatoire, le monde des affaires est l’abattoir le plus brutal, où même les plus forts succombent. Car ici, il ne s’agit plus de savoir si je vais perdre du poids, si je peux aller m’entraîner sous la pluie, si je vais trouver du travail ou si j’ai des problèmes de couple. Le monde des affaires, c’est quelque chose de tout à fait différent : il ne suffit pas d’être fort. Si tu n’es pas une putain de machine à tuer, on t’écrase, parce qu’ici, tout tourne autour de l’argent, avec ce fameux couteau à la main, celui avec lequel tu entailles le gâteau dont tu veux prendre ta part.

C’est là que les relations humaines changent. Au bout d’un moment, on ne voit plus les gens de la même façon ; on ne sait plus à qui faire confiance, et les proportions changent aussi. Ce que je trouvais énorme autrefois, je le multiplie maintenant par dix, et même ainsi, il faut au moins le double pour que l’on puisse seulement démarrer. Mais pour réussir dans les affaires, c’est loin de suffire : si tu n’as pas la force, la créativité, le sens de la résolution des problèmes et la capacité de prendre les bonnes décisions, y compris en quelques instants si la situation l’exige, on te dévore tout cru, et tu peux retourner laver les pare-brise à la station-service ou remplir des CV sur profession.hu. Je suis toujours dans un programme comme avant, mais je ne lutte plus contre les poids et les distances : je lutte contre la vie. La maîtrise de soi et la discipline ne me servent plus à suivre un régime, mais à garder mon calme lors des négociations et des réunions, à faire des compromis, à prendre des décisions avec sang-froid et à continuer d’avancer, même quand c’est le plus difficile. Pendant votre programme, ce sont vos petites amies et vos amis qui vous mettent des bâtons dans les roues ; moi, ce sont des ennemis, des détracteurs et des hyènes du monde des affaires qui ont des intérêts opposés aux miens et qui ont peur pour leur position et leur argent.

Comme je l’ai mentionné, je dois régler quelques affaires et faire face aux erreurs que j’ai commises par le passé. Zyzz Project, le livre, le programme pour galber les fesses, la livraison de repas à domicile, autrement dit, des projets en suspens qui n’ont toujours pas été menés à terme. Chacun de ces points mériterait un article à part, mais si je le voulais vraiment, je pourrais tout résumer en deux mots : j’ai voulu en faire trop.

Je prenais le Zyzz Project très au sérieux, mais au 43e jour, quelques jours après la réalisation de la vidéo Sequentia, j’ai abandonné le programme, car je n’étais capable de continuer ni physiquement ni mentalement. Une nouvelle transformation spectaculaire sur plusieurs mois est désormais une question de cinquième ordre dans ma vie. Pour le moment, je préfère consacrer mon énergie à organiser et coordonner le nouveau LifeT!lt. La photo a été prise au 42e jour du programme.

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J’avais promis le livre LifeT!lt pour août de cette année, et j’aurais dû commencer en juin. Je comptais l’écrire en trois mois, mais cela aurait impliqué de fermer Tilt pendant quasiment trois mois. Trois mois, zéro article.

Même les blogs bien établis, avec de solides bases, ne sont pas sûrs de survivre à une aussi longue période d’inactivité. Un blog, c’est comme ça : soit tu publies et ajoutes régulièrement du contenu frais, ce qui le maintient en mouvement et favorise son développement, soit tu ne le fais pas, et les lecteurs zappent pour passer à une autre chaîne, comme dans The Truman Show. Je n’ai tout simplement pas pris ce risque, et j’ai publié ici une grande partie des articles écrits pendant l’été, au lieu d’en faire des chapitres de mon livre. Je ne voulais pas confier le travail à des rédacteurs rémunérés, et, soyons honnêtes, trois mois n’auraient peut-être pas suffi pour écrire le livre, le réviser et lui donner du contenu. En plus, je me serais presque certainement fait poursuivre en justice jusqu’à la ruine pour les infos que j’y aurais écrites. Une autrice aurait pu m’aider à l’écrire, mais bien sûr, je n’ai pas accepté son aide non plus, parce que je pensais savoir mieux faire. J’ai rejeté en masse des gens qui voulaient aider de façon désintéressée, comme elle. Soit parce que je ne leur faisais pas confiance, soit parce que j’étais un énorme connard.

J’ai conçu le programme de remodelage des fesses comme un projet fun dès le départ. Les bases étaient là et les premiers résultats se voyaient, mais au fond, il s’agissait surtout de me dire : « Putain, moi aussi, je peux faire ça », et de voir des centaines de filles canons m’envoyer des photos de leurs fesses en string. Je savais que ce programme allait déclencher de vives réactions, mais c’était aussi le but. Les filles allaient détester ces autres filles, parce qu’elles avaient déjà naturellement le physique qu’elles voulaient atteindre, et les mecs n’appréciaient pas de me voir au cœur de tout ça. Ce programme, tout comme cette fameuse photo prise devant le miroir, était une provocation classique que j’ai délibérément suscitée.

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J’adorais ce programme, et les filles l’aimaient aussi. On sortait faire la fête ensemble, chaque entraînement se déroulait dans une ambiance de folie. Je les aimais et j’aimais travailler avec elles. Mais la vie en a décidé autrement : même si je ne le voulais pas, je suis tombé amoureux de l’une d’elles. Ce n’était pas prévu, c’est arrivé tout seul. Le programme pour galber les fessiers a commencé et tout se passait parfaitement. J’ai acheté aux filles tout ce dont elles avaient besoin et, même si mon agenda était déjà complètement rempli, je leur consacrais toujours du temps en priorité, parce que je les aimais. Les séances publiques pour galber les fessiers se déroulaient elles aussi comme prévu. Quand tout va bien et qu’on a l’impression que la vie nous sourit à fond, la chute finit par arriver, comme toujours. L’une des filles FF, avec qui je voyageais déjà beaucoup à l’étranger, a reçu une offre d’emploi. Je ne suis pas du genre à m’engager dans une relation, mais je suis tombé amoureux de cette fille. Elle est partie et, à partir de là, le programme ne m’a plus intéressé. C’était la meneuse du groupe, et son absence a eu des répercussions sur les autres filles et sur tout le programme. Tout cela s’est passé quelques jours après le premier compte rendu. Comme je n’étais plus là avec elles ensuite, le programme a lui aussi périclité et il n’a pas été possible de le terminer.   

Il y a encore les compléments alimentaires, dont la création demande tellement de travail que j’en suis sur les rotules, et dont nous signerons les contrats la semaine prochaine. Il y a aussi la livraison de repas : les bases sont en place pour la lancer, mais pour l’instant, nous investissons pour ainsi dire tout notre argent dans les compléments alimentaires. Voilà. Chacun peut ranger ces informations où bon lui semble. En tout cas, pour moi aussi, cet article a été un voyage dans le temps intéressant.

Cela dit.

Comme je l’ai écrit au début de l’article, le blog, sous sa forme actuelle, est terminé. Avec le nouveau site, l’arrivée de nouvelles personnes et la transformation complète, c’est toute une époque qui s’achève. Je m’en souviendrai toujours avec tendresse, parce qu’elle était authentique. Chaque pensée était sincère, chaque émotion exprimée dans les articles l’était aussi, tout comme les échecs et mes mauvaises décisions. Les anciens savent à quoi ressemblait ce blog autrefois. Pour les nouveaux, lisez les 150 premiers articles et n’oubliez pas qu’il y a eu un jour un blog LifeT!lt, où, sous vos yeux, un nouvel homme a vu le jour. Parti de rien, avec une volonté de fer et un vent contraire terrible, il a réussi à arriver jusque-là. Vous avez été témoins de l’évolution d’une vie au cours des deux dernières années. Ce qui vient ensuite sera tout autre. 

Et pour savoir ce que l’avenir nous réserve ? Je le raconterai dans le prochain article, intitulé « L’avenir »… 

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