Mode de vie, enfoiré

Il faudrait que je commence un programme, mais pour être honnête, j’en ai rien à foutre et j’ai pas envie. Si j’en crois les grondements des hyènes, il faudrait maintenant que je regagne ma crédibilité, ou je ne sais quoi. Je me suis demandé hier, entre deux vodkas-sodas à l’Ötkert, si je deviendrais vraiment une personne crédible en refaisant un programme de 70 jours. C’est ça qui me rendrait crédible ? Le fait que je puisse le faire ? Je l’ai déjà fait une fois, j’espère que ce fait ne perturbe personne outre mesure. Bien sûr, je comprends que la question n’est pas le programme, mais le mode de vie que je mène et la façon dont je vis, mais à ce stade, je vais devoir en décevoir certains, et j’ai aussi une grande annonce à faire.
Je ne suis pas un putain de Norbi, ni un connard hypocrite qui se pavane en gourou du mode de vie. À l’époque, j’ai commencé tout ce truc de transformation parce que je voulais avoir bonne allure en été. Un an a passé et toute cette merde de modèle à suivre pour un mode de vie sain m’est tombée dessus, sauf que le problème, c’est que je n’avais pas signé pour ça. Je voulais avoir bonne allure pour pouvoir me défoncer en toute liberté dans les soirées et les festivals, entouré de culottes et de parties du corps féminines. J’avais une méthode pour ça, qui s’est révélée par la suite terriblement efficace. Je n’ai jamais caché le mode de vie que je mène, et certaines personnes sont tout simplement incapables de le comprendre : comment ça, je ne respecte pas les règles du jeu ? Comment ça, je quitte les sentiers battus pour suivre une autre voie ? Et puis, il ne suffit pas d’être crédible, il faut aussi en avoir l’air. Vous voulez que je me prenne en photo deux fois par semaine en bouffant de la salade ou en me pavanant en tenue de course dans un centre d’athlétisme ? Ce serait mieux ? Tout le monde serait alors rassuré en se disant : « Regardez-moi ce mec, quel champion ! » Je pourrais le faire n’importe quand, mais je ne me tromperais pas moi-même, je vous tromperais, vous. Le problème, c’est que les gens ne savent pas quoi faire de l’honnêteté, ils n’y sont tout simplement pas habitués. Je me fous complètement de ces manières, et croyez-moi, je ne suis pas le seul gars connu du milieu du bien-être dans ce pays à s’en foutre royalement dans sa vie privée. Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour dans les nuits de Budapest et regardez les célébrités du bien-être qui se baignent dans la cocaïne, en train de cuver dans un parking, la gueule pleine de bile, au petit matin du dimanche.
Montrez-moi un modèle, passez quelques jours avec lui quand il n’est pas sous les projecteurs, quand il n’est pas devant son public, et vous verrez des choses intéressantes. D’après mon pote Dave, la vie des prêtres est exemplaire et irréprochable. Je n’ai pas voulu le lui dire, mais à ce sujet, il ferait bien de demander aussi au procureur Marcelo Soza, qui a fait condamner 54 prêtres pédophiles au tribunal de Chicago en 2007, sans même parler des moines coréens . Et puis il y a bien sûr nos politiciens, ces grands sages de notre époque, les défenseurs irréprochables de notre patrie, les représentants crédibles d’une politique aux mains propres, que le métro de la ligne 3 les emporte au diable. L’honnêteté et la probité, c’est tous les quatre ans, n’est-ce pas ? Et ces merveilleuses déclarations de patrimoine où l’on déclare des Suzuki 1.2 de 15 ans et des sous-sols dans les barres d’immeubles de Havanna, avec un salaire mensuel de 800 000 et 2 millions de frais de représentation, sans même parler des indemnités de commission.
Je joue au poker, je picole en soirée, je fume, je ne me souviens à peu près même pas du nom de la plupart de mes copines, et on n’a pas encore inventé sur Terre un truc sur lequel je ne miserais pas d’argent. Je ne veux arnaquer personne, je ne mets pas en vitrine une vie qui n’existe pas, mais bien celle que j’ai, et c’est moi qui ne suis pas crédible ? Le problème, c’est que la plupart des gens sont aussi simples qu’un rouleau de papier toilette. On leur montre quelque chose qu’ils veulent voir avec leurs yeux de taupe, on leur dit quelque chose qu’ils veulent entendre avec leurs oreilles bouchées, et ça leur suffit, parce qu’ils ont envie d’y croire. Et après ça, vous venez me parler de mode de vie sain et de crédibilité, mais franchement, vous ne voulez pas aller vous faire foutre ?
Cette vie de façade, si typique de la Hongrie, et cette manie de juger tout le monde sur le plan humain et moral, alors qu’en réalité, vous pataugez dans la même merde, voire pire, que la personne que vous êtes en train de crucifier. Jouer le rôle de la mère de famille irréprochable et de l’épouse modèle, qui vomit à la vue d’une jupe au-dessus du genou, puis, après avoir récité un Notre Père et s’être indignée, se mettre à genoux devant moi ou devant un père de famille de deux enfants, si les circonstances s’y prêtent. Je sais de quoi je parle, ce n’est pas une histoire inventée. Vous pouvez bien me raconter le contraire et prétendre que je fréquente les mauvaises personnes, mais j’ai déjà travaillé avec trop de femmes pour ne pas savoir de quoi les gens sont capables, comment ils vivent et ce qu’ils veulent bien en laisser croire. La seule différence entre vous et moi, c’est que ma vie se déroule sous les yeux de tout le monde. Toute ma vie est sur ce blog, et j’écris sans jouer de rôle. De la vôtre, on ne voit que le commentaire bien tourné, qui a l’air moralement irréprochable et qui en jette, que vous postez à la va-vite ; puis, une fois que vous avez appuyé sur Entrée, ce qui se passe ensuite, personne ne le voit et personne ne peut vous demander des comptes.

Mais à ce stade, mettons quelque chose au clair, et vite fait, putain. Ce que j’ai créé, c’est un système efficace et fonctionnel qui permet à tout le monde d’obtenir la silhouette qu’il n’a jamais réussi à obtenir avec d’autres méthodes et dont il a toujours rêvé. Alors allez-y, faites-le... En un an et demi, avec au moins 1 000 heures de travail, j’ai rassemblé les infos pour vous et tout expliqué en détail, clairement : quoi faire, quand, comment, en quelle quantité et pendant combien de temps. J’ai aussi expliqué clairement que chacun devait adapter ce qui est écrit ici à sa situation, mais à voir, tout le monde n’a même pas les capacités intellectuelles d’un râteau pour comprendre ça. Par contre, ce que je ne comprends vraiment pas, c’est en quoi ça vous concerne, et ce que ma façon de vivre et mes choix peuvent bien changer à votre vie. Si à partir de demain je ne fume plus, est-ce que tu suivras mieux ton programme ? Si je ne claque pas 200 000 balles sur un match (va te faire foutre, la Sampdoria), est-ce que tu respecteras ton régime ? Tu crois en Dieu parce que ton curé est à la messe tous les dimanches ? Si je me bourre la gueule avec mes potes en soirée le week-end, est-ce que tu vas arrêter de maigrir si tu suis ce qui est écrit sur mon site, ou quoi, bordel ? J’ai personnellement fait maigrir plusieurs centaines de femmes, et plusieurs milliers par l’intermédiaire du blog, peu importe ma façon de vivre. Mais sérieusement. Je devrais emménager au zoo, à côté des koalas, ou quoi ?
Bref, voilà l’essentiel. S’il faut, pour préserver ma crédibilité et l’avenir de LifeTilt, que je passe désormais le reste de ma vie à courir comme un gamin débile afin de prouver le sérieux de ma méthode à quelques connards superficiels dont le plus grand exploit et la plus grande fierté dans la vie sont de courir 3 fois 5 km par semaine, alors soit, je lâcherai tout ça aussi facilement que si ça n’avait jamais existé. Mes parents n’ont jamais réussi à me tenir en laisse. Les règles scolaires et les normes de comportement au travail ne m’ont jamais intéressé. J’ai toujours chié sur les attentes de la société. Et après tout ça, quelqu’un croit sérieusement que quelques putains de commentaires sur Facebook et des publications haineuses vont me changer et qu’ils peuvent me dire ce que je dois faire ou ne pas faire ? Désormais, je ne courrai même plus aux RunTilt si un énorme pitbull me poursuit, la gueule écumante, avec un putain de gros couteau à la main, et précisément parce que c’est ce qu’on attend de moi. Personne ne peut me dire comment vivre, quoi faire, et surtout pas ce que je devrais faire. Si vous n’aimez pas ce que je fais ou ce que j’écris, vous n’avez pas besoin de lire cette page. Si mon mode de vie ne vous plaît pas, allez faire de la capoeira chez les Czanik ou mangez les pâtes à tartiner Norbi, je m’en fous. Mais avant tout, foutez le camp d’ici et allez faire les hypocrites sur Femina.hu ou Nők lapja Café : là-bas, vous trouverez des exemples de modes de vie exemplaires et des hordes de femmes qui se lèchent mutuellement les bottes avec une douceur mielleuse, tout en commentant après avoir connu au moins deux divorces. Mais si vous restez ici, ou si vous étiez là et que ma méthode vous a permis de retrouver une nouvelle silhouette, je ne vous demande pas de me remercier, je me fous royalement de votre gratitude. Mais la moindre des choses, après avoir changé de mode de vie et vous être lancés sur cette voie grâce à moi et au blog, c’est de ne pas venir ensuite gerber ici. Et je crois que ce n’est pas trop demander.
Je vis ma vie comme je l’entends. Ça a toujours été ainsi et ça le restera. Si quelqu’un veut me tenir en laisse, soit il ne me connaît vraiment pas, soit il est tellement con qu’il croit vraiment pouvoir me changer. Rien ne vaut plus que ma liberté, et si j’ai l’impression que ma propre marque ou quoi que ce soit d’autre la menace, je verserai moi-même mes protéines dans le Danube. Quant à vous, vous pourrez retourner faire du ballet en sautillant sur Rubint Réka, et vous remettre à vous abrutir avec des régimes turbo, des cures de jus et autres méthodes merveilleuses.
