À la maison avec l’enfant – Douzième jour

Itthon a gyerekkel – Tizenkettedik nap

Nous sommes encore dans la même journée, celle où j’ai passé 9 heures à devenir fou en ville avec l’enfant. Plus précisément, dans la nuit de cette journée. 

J’avais déjà couché l’enfant, rangé l’appartement, et quand j’ai eu fini, à 11 heures, je suis allé dans ma chambre et je me suis allongé par terre. Je suis resté allongé un moment, à exister, puis j’ai fini par penser au lendemain, qui ne s’annonçait ni facile ni simple.

Demain, Reni se fait opérer, demain, c’est l’anniversaire de mon fils, que mes parents préparent depuis des semaines, et pour changer, je dois signer un contrat et, bien sûr, encore aller à la banque. À force d’y réfléchir, j’étais déjà épuisé, ce qui est un exploit, car je n’aurais pas cru qu’il existait des degrés de fatigue encore plus profonds que celui où j’en étais alors. 

J’étais allongé par terre quand, tout à coup, notre baby-sitter Réka m’a écrit pour souhaiter bonne chance à Reni pour son opération et me demander d’embrasser Ádi de sa part aussi, parce qu’il lui manquait beaucoup.

Pendant un moment, je n’ai fait que regarder le message et plus je le regardais, plus je savais que, même si je n’en avais vraiment pas envie, je devais lui demander de l’aide. 

C’est à ce moment-là que j’ai craqué.

Je pensais pouvoir tenir ces 30 jours tout seul, sans aucune aide, mais j’en suis arrivé à un point où je préfère boire dans le crachoir d’un babouin plutôt que de revivre une journée comme la dernière. 

Reni a été opérée à 8 h 30 du matin, c’est-à-dire que l’enfant et moi devions arriver au plus tard à 8 h 15, pour que Reni puisse nous voir avant qu’on l’emmène au bloc. C’est ce qu’elle avait demandé, mais même si elle ne l’avait pas demandé, nous y serions allés quand même. Vous comprenez, tout ça le jour de l’anniversaire de l’enfant. 

Alors j’ai demandé à la baby-sitter de venir à 7 heures du matin, non pas pour rester à la maison avec l’enfant, mais pour nous accompagner et s’occuper d’Ádi. Pour ma part, je considère ça comme un échec manifeste, d’avoir dû demander de l’aide. Et là, mettons les choses au clair, parce qu’on assiste à des réactions complètement débiles du genre « un homme d’affaires qui réussit n’a pas les moyens de payer une baby-sitter », et autres conneries du même genre.

Eh oui. En fait. Je pourrais aussi faire venir un cuisinier, mais qu’est-ce que je raconte, j’ai ma propre entreprise de livraison de repas, ça ne me coûterait même rien. Je pourrais faire venir une femme de ménage tous les jours, et je n’aurais rien à faire à la maison. Je pourrais engager une femme de ménage, mais je pourrais aussi faire venir deux baby-sitters. Une pour la journée et l’autre pour la nuit, mais ce n’est pas ce que j’ai choisi. 

Ce n’est pas ce que j’avais choisi, parce que ce n’est pas la réalité. L’homme travaille, la femme reste à la maison avec un ou plusieurs enfants, sans aide ou avec très peu d’aide ; elle peut tout gérer seule. Voilà la réalité en Hongrie aujourd’hui. C’est dans cette situation que je me projette et que je veux faire l’expérience de la parentalité pendant ces 30 jours, car c’est la seule façon de me faire une idée réelle des difficultés liées à l’éducation des enfants. 

Et des difficultés, il y en a beaucoup.

Cela s’est joué à quelques minutes près, mais nous étions là avec Ádi quand ils ont emmené Reni au bloc opératoire. J’étais là l’après-midi, après le réveil de Reni, et ce soir-là, nous sommes revenus avec Ádi pour être tous les trois et fêter le premier anniversaire d’Ádi. 

En oncologie.

Je ne vais pas m’étendre sur la façon dont l’opération a éprouvé Reni ; elle en parlera si elle le souhaite. En revanche, je dois absolument parler de la façon dont Ádi a été bouleversé par le fait que sa mère soit à l’hôpital. 

Bien sûr, il ne comprend pas tout avec sa raison, mais il a senti ce qui se passait autour de lui,

Car les enfants ne savent peut-être pas tout, mais une chose est sûre : ils ressentent tout.

Ce jour-là, Ádi était très agité, je dirais même désorienté, et on voyait bien que quelque chose n’allait pas.

Même avec l’aide d’une baby-sitter toute la journée, Ádi était de nouveau très fatigué le soir. Mais nous étions tout de même invités chez mes parents, qui voulaient eux aussi fêter l’anniversaire de l’enfant. Mes parents aiment leur petit-fils à la folie. C’est difficile à exprimer avec des mots, alors je vais simplement mettre ici une photo de la façon dont mes parents attendaient Ádi.

À la fin de la soirée, Ádi était si fatigué que j’ai préféré le laisser dormir chez mes parents. Je ne voulais pas lui imposer un trajet de plus jusqu’à la maison, alors c’était la meilleure solution pour tout le monde, mais surtout pour Ádám.

Enfin, je ne veux pas chercher à faire du sensationnel à bon compte : je vais simplement dire que nous n’allons pas bien. Ni Ádi, ni Reni, ni moi. Je ne sais pas si c’est uniquement et exclusivement parce que Reni lutte actuellement contre une maladie grave et que cela éprouve toute la famille. C’est peut-être la raison.

Il se peut aussi que nous n’allions pas bien parce qu’à la maison, nous avons complètement bouleversé l’ancien fonctionnement qui marchait bien jusqu’ici, et qu’actuellement, ce n’est pas la femme mais moi qui essaie de mettre de l’ordre et de préserver la chaleur du foyer. 

Retour à Blogue