Laura



Il y a un peu moins de deux semaines, j’ai reçu un e-mail d’une jeune femme de 25 ans qui m’écrivait une lettre sur un ton désespéré. Je vais en citer un extrait.
« Je mesure 174 cm, je pèse actuellement 60 kg et je suis un programme d’entraînement sur trois jours. Je n’ai pas de coach personnel, parce que quand j’en avais un, je n’obtenais aucun résultat, à part un portefeuille plus léger. Tout le monde me disait quelque chose de différent, chacun me recommandait sa propre méthode, sans résultat bien sûr. J’en ai eu assez. J’ai commencé à lire des sites spécialisés, j’ai essayé de tout assembler et j’ai appris pas mal de choses. C’est comme ça que j’ai découvert ton blog.
J’ai repris plus sérieusement en mai, et j’ai déjà obtenu quelques résultats, mais en voyant Petra, je me dis que je pourrais faire ça beaucoup plus efficacement. J’ai la motivation, la volonté et les moyens nécessaires, il ne me manque plus qu’une personne vraiment compétente. Mon copain a un corps parfait et, à côté de lui, je me sens de plus en plus mal, alors que je fais vraiment des efforts. Je n’ai presque plus confiance en moi, je ne veux plus pleurer devant le miroir... Je veux changer pour moi, pour enfin avoir, à 25 ans, le corps dont j’ai toujours rêvé.
J’aimerais vraiment que tu puisses t’en charger...”
C’est la jeune femme qu’on voit sur la photo ci-dessus qui m’a écrit cette lettre il y a deux semaines. Arrêtons-nous un instant : tout le monde n’a peut-être pas retenu le bon passage ni tiré la bonne conclusion. L’essentiel, ici, c’est « je n’ai presque plus confiance en moi » et « je pleure devant le miroir », car si cette jeune femme pense cela d’elle-même et vit avec de tels complexes malgré une silhouette pareille, ça fait froid dans le dos d’imaginer ce que Szulák Andrea ou Tóth Vera peuvent bien s’infliger chez elles, jour après jour. Voilà où en est notre société en 20011, voilà ce qu’a produit l’emballement de la société de consommation. Une guerre sans merci pour séduire les consommateurs, dont les principales victimes ont été les complexes et l’estime de soi de plusieurs centaines de millions de femmes. En effet, les femmes qui se comparent aux mannequins de Victoria’s Secret commettent une grave erreur. Tout simplement parce que ces femmes n’existent pas, ou alors, si elles existent, elles ne tiennent debout et en vie que grâce à l’alcool et au mélange d’épices préféré de Maradona. Pour les femmes, se comparer à des mannequins, c’est comme si, en voyant des acteurs porno noirs, je pleurais devant le miroir, puis, recroquevillé dans un coin, sanglotais de désespoir : « mais pourquoooooi je n’ai pas une bite de 30 centimètres ? » Pour revenir aux mannequins après ce détour par l’Afrique, ces illusions sont inaccessibles. Ce blog ne cherche pas non plus à vous faire maigrir pour que les mecs prennent davantage leur pied en voyant vos corps plus beaux (mais si), mais parce qu’une femme bien dans sa tête ne s’aide pas seulement elle-même, elle aide aussi les gens qui l’entourent. Montrez-moi une femme en surpoids ou malheureuse, et je vous montrerai à ses côtés un homme qui est détruit.
Laura a maintenant 25 ans et, si j’ai bien regardé, elle a au maximum 3 kilos en trop. Autrement dit, ce programme ne va pas porter sur une grosse perte de poids, mais sur la façon de transformer une jolie fille en une femme vraiment sacrément canon. C’est ce processus que je vais présenter avec Laura. Il faut aussi savoir que la jeune femme a un genou gauche fragile, ou peut-être le droit, je ne m’en souviens plus, et que, bien sûr, comme toutes les femmes de nos jours qui ont passé l’âge de 11 ans, elle veut se faire refaire les seins, ce qui aura lieu à la fin du programme. La consultation médicale a déjà eu lieu ; en préparation de l’opération, le médecin a prescrit à Laura de laisser ses pectoraux complètement au repos. À cela s’ajoute une capacité pulmonaire de 67 %, pour laquelle Laura remercie la nature en fumant un paquet par jour. Je tiens à préciser que les personnes qui fument et commencent le programme ne doivent pas profiter de leur grand élan de changement de mode de vie pour arrêter la cigarette, parce qu’elles n’y arriveront pas et que suivre un tel programme est déjà assez éprouvant. Si l’on y ajoute l’arrêt du tabac, on pousse les limites mentales à un point tel que cela serait si éprouvant que le programme échouerait presque certainement complètement. Laura n’a pas non plus besoin d’arrêter de fumer ; je lui ai simplement demandé de passer d’un paquet par jour à 12 cigarettes maximum, puis on verra. J’en reparlerai dans une étape ultérieure du programme de Laura, mais je veux qu’elle se rende compte elle-même de la situation. Je crois que c’est tout. J’ai donc conçu son programme d’entraînement en tenant compte de ce qui précède, autrement dit, nous devons obtenir des résultats avec un genou en moins et un tiers de poumons en moins, sans pouvoir toucher à la poitrine, ce qui, chez une femme, sonne quand même assez bizarre.
Le programme commence le 14 juillet. Lors de la première phase, nous allons éliminer ces 3 kilos en trop. Oui, ces 3, c’est-à-dire trois kilos, à cause desquels Laura n’arrive presque plus à se regarder dans le miroir. J’écrirai aussi un article sur la psyché féminine, mais il sera précédé d’une recherche approfondie, nécessaire au vu de l’ampleur et de la profondeur du sujet. Le programme d’entraînement, ainsi que les exercices et le nombre de séries qu’il comprend, portent sur le remodelage du corps. Je pense que tout le superflu aura disparu en 13-15 jours, et ce qui restera sera justement utile pour sculpter les fesses, les cuisses et les épaules. À la demande de Laura, l’entraînement de la taille sera particulièrement ciblé, parce que, paraît-il, elle a du mal à perdre à cet endroit, même si, depuis ses larmes devant le miroir, je ne crois plus vraiment à ces légendes. Le programme comprend aussi un entraînement cardio entièrement personnalisé, surtout pour Laura, puisqu’elle a un genou fragile et qu’il a fallu en tenir compte.
Je sais que tout le monde attendait un compte rendu de ce que ça fait de se défoncer dans la capitale mondiale de la cocaïne pendant le Sound, mais à vrai dire, j’ai franchement pas envie d’en parler. J’ai encore trop de souvenirs en tête, j’ai toujours cette putain de poudre dans la gorge, et le dieu des Hollandais, Heineken, coule encore dans mes veines. Je n’ai pas non plus envie de m’étendre sur le fait que Tiesto se moque du genre trance et de la musique en général depuis des années, et j’avoue que ça me fait un peu mal d’écrire le nom de Tiesto et le mot musique dans la même phrase. Je ne plaisante pas, pendant son concert, j’avais l’impression d’avoir écouté des sonneries de téléphone pendant une heure et demie. Il n’y a que Guetta qui était encore pire, parce que j’étais convaincu qu’ils avaient mis Radio1 à fond sur la scène principale dimanche soir à 10 heures, puis au bout d’une demi-heure, j’ai compris que ce n’était pas Radio1, mais que Guetta était en train de donner un concert, et que ce n’était pas Radio1, mais que ce type jouait vraiment une musique aussi pourrie. Snoop Dog m’est incompréhensible au Sound, et pour ce qui est des lamentations à la Portishead, que quelqu’un aille donc flanquer une énorme claque à Norbert Lobenwein, l’organisateur en chef, pour avoir mis sur la scène principale les producteurs de tubes préférés des suicidaires du monde entier. Mais sérieusement, imaginez cette musique au Sound, à 23 h 30. Il y a encore plein de noms sur la liste des performances lamentablement nulles, mais je ne vais pas humilier la scène Radio1 en énumérant tous ses artistes et ses DJ. Mais ne retenons pas que le négatif : que Dieu bénisse les membres de Swedish House Mafia, Boratto, Digweed, Muzzaik, Underworld et Fedde La Grande. Voilà pour le son.
J’ai passé le premier tour de VV5. Voilà pour Való Világ. Si tout va bien, nous ne sommes plus que 200 sur 38 000. J’écrirai plus tard sur les candidats complètement à côté de la plaque et sur le casting lui-même, mais ce n’est pas encore le moment, puisque le prochain tour a lieu demain et que le gars au téléphone m’a dit que ce serait une audition beaucoup plus approfondie. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, en tout cas, si quelqu’un passe demain vers 4 heures près du Campona, qu’il me ramène en ville, si ça ne le dérange pas…
Pour les commentaires...
