Mouvement « Let's Move ! » aux États-Unis

Let's Move ! mozgalom USA

 

Quelque chose semble bouger outre-Atlantique, et les plus hautes sphères politiques commencent enfin à comprendre que la quantité et la consommation d’aliments sucrés, gras et de fast-food, qui inondent le marché et sont disponibles partout, ont atteint un niveau critique. On commence à sonner le tocsin proverbial, car on a compris que les habitudes alimentaires aux États-Unis ne peuvent plus durer : certes, 15 % de la population américaine (45 millions de personnes) souffre d’obésité morbide, mais l’explosion du système d’abondance extrême des années 1970 a jeté les bases d’une génération qu’on appelle désormais la génération du fast-food de merde. De New York à Chicago, jusqu’à Santa Monica, le tableau d’une société rendue obèse et malade par la malbouffe commence à se dessiner, et le phénomène ne fait que prendre de l’ampleur, au point que le Congrès l’a remarqué. Il semble bien qu’à Washington aussi, on commence à entendre les voix qui murmurent qu’une société obèse et malade peut détruire l’avenir d’une nation et épuiser ses ressources. Michelle Obama le pensait aussi (enfin, elle, sûrement), et en lui prêtant son visage, elle a lancé le mouvement Let’s Move, l’une des réformes les plus ambitieuses et les plus vastes des États-Unis, du moins en matière de restauration scolaire. Le mouvement bénéficie d’un soutien sans précédent, car il est très rare de voir un tel accord entre les élus républicains et démocrates. La dernière fois qu’il y a peut-être eu une telle unité, c’était en 2003, lors de l’invasion de l’Irak. Espérons que ce programme connaîtra plus de succès que ce fiasco dans le désert...

Le message du mouvement lancé par une Première dame est clair : « Éduquons une génération future en bonne santé, afin qu’elle puisse continuer à vivre le rêve américain. » Selon une étude récente, depuis le début des années 1980, le nombre d’habitants en surpoids a triplé aux États-Unis : désormais, un Américain sur trois souffre de problèmes de poids ou d’obésité morbide. La situation est encore plus grave au sein de la population noire, où cette proportion atteint 40 %, tandis que le taux d’obésité de la population latino-américaine (comprenez : les femmes de ménage mexicaines et les immigrés clandestins) est de 45 %. Ces chiffres sont effrayants et, si la tendance se poursuit, elle épuisera tout simplement les ressources sociales et humaines des États-Unis d’ici quelques décennies, car l’obésité est le principal facteur de maladie dans le monde, devant des tueurs comme la cigarette ou l’alcool. L’obésité est responsable de presque toutes les maladies qui existent sur Terre, qu’elles soient mentales ou organiques. Catastrophes cardiovasculaires, toutes sortes de cancers, diabète, hypertension, asthme… Je pourrais continuer à l’infini et au-delà… 

150 milliards de dollars : c’est ce que les États-Unis dépensent en une seule année pour traiter les conséquences de l’obésité sur la santé. À titre de comparaison, le budget total de la Hongrie s’élevait à 99 milliards de dollars en 2009. Michelle Obama, avec le soutien évident de son mari, a lancé un mouvement conçu exclusivement pour les enfants et la génération qui grandit actuellement. La réforme Let’s Move prévoit de repenser entièrement les cantines des maternelles, des écoles, des collèges et des universités. Elle a été soutenue non seulement par le Sénat, mais aussi par des célébrités, si importantes aux États-Unis et dotées d’un grand pouvoir d’influence, qui ont commencé à la promouvoir sur leurs propres plateformes. Madonna, Oprah, Lady Gaga ou encore Beyoncé Knowles, qui a adapté le titre, le clip et les paroles de son dernier morceau, Move Your Body, pour le mouvement Let’s Move.

 

 

 Michelle Obama est donc le visage officiel du programme : dans une vidéo, elle s’adresse à la population et annonce la réforme de l’alimentation de la génération qui grandit actuellement. Comme le dit Obama, tous ceux qui participent activement à la construction de la société ou ont le pouvoir d’influencer l’opinion doivent soutenir ceux qui incarnent l’avenir de l’Amérique. « Notre avenir, ce sont nos enfants. Ce sont donc des valeurs fondamentales que nous partageons tous, sans distinction de race, d’appartenance politique ou de religion. Ce sont ces valeurs que ce projet de loi incarne », ajoute Michelle. Pour que ce programme réussisse, le soutien de plusieurs milliards de dollars du Congrès ne suffit pas : toutes les couches de la société, partout dans le pays, doivent y contribuer, car sans mobilisation collective, il est impossible d’obtenir de véritables résultats.

Ici, on a droit au petit discours américain habituel et un peu sirupeux sur la manière dont chacun peut aider dans son domaine et le fera, parce que c’est son travail, son intérêt personnel et, de manière générale, l’intérêt de sa nation, et puis parce qu’il faut continuer à bâtir l’Amérique. Je trouve l’idée de fond bonne ; c’est aussi pour cela que j’ai traduit ce texte, car si ces idées prennent racine, elles pourraient contribuer au succès de la diffusion d’un mode de vie sain.

Les enseignants ont tout intérêt à promouvoir une alimentation saine, car un lien entre une nutrition adéquate et les résultats scolaires a été démontré.

Les médecins et les infirmières savent que les enfants en mauvaise santé deviennent des adultes en mauvaise santé et que l’obésité multiplie par 6 leur risque de développer un cancer ou des problèmes cardiovasculaires avant l’âge de 35 ans.

Maintenant, voici une très longue partie, typiquement américaine et complètement bâclée. Les avocats et les responsables religieux qui, chaque jour, luttent contre la faim au sein d’une organisation quelconque, savent ce que signifie nourrir 31 millions d’enfants américains chaque jour et connaissent l’importance vitale de la qualité de leur alimentation. Vous comprenez, les avocats… J’imagine Magyar György trembler pour le programme de restauration des enfants, tandis qu’il essaie d’une manière ou d’une autre de faire oublier la peine ferme de deux ans et demi de Stohl Buci.

Les dirigeants du monde des affaires et de la politique, qui savent ce que signifie dépenser 150.000.000.000 USD pour traiter les maladies causées par l’obésité et s’inquiètent, car ils connaissent les conséquences sur l’économie.

Les dirigeants militaires, qui ne peuvent recruter et faire servir qu’un Américain sur quatre, affirment qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de santé publique et d’économie, mais aussi d’une menace pour la sécurité nationale. Mais je suis rassuré, car je vois qu’Obama poursuit le mouvement de solidarité dans tous les milieux de la société. Les gens savent que, sur le long terme, c’est la seule voie possible, et que cela permet non seulement d’économiser de l’argent, mais aussi de sauver des vies.

 

Le programme

Mesures gouvernementales

Vente des aliments livrés aux écoles en fonction de leur haute valeur nutritionnelle, avec un contrôle strict de leur qualité et de leurs ingrédients dans les distributeurs automatiques, les sections à la carte (cantines) et les réserves alimentaires des écoles.

·         Aide supplémentaire pour les écoles qui respectent les exigences nutritionnelles actualisées. Autrement dit, celles qui rejoignent le mouvement et remplacent leurs repas recevront un financement supplémentaire.

·         Soutien de l’USDA (ministère de l’Agriculture) à l’amélioration de la qualité des céréales utilisées dans les écoles, ainsi qu’à l’augmentation de la production de légumes et de fruits.

·         Élargir l’accès à l’eau potable, en particulier autour des cantines scolaires et dans les lieux où la restauration collective est assurée. J’aimerais attirer l’attention de tous sur l’importance de boire 3 à 4 litres de liquide par jour, et sur le fait que cette mesure n’a pas été intégrée par hasard au programme du gouvernement américain.

·         Introduire des cours sur le mode de vie sain dans le programme national d’enseignement et accroître l’activité physique en augmentant le nombre d’heures d’éducation physique.

·         Intégrer le programme WIC* au mouvement Let’s Move et augmenter le montant de l’aide.

·         Le nombre d’élèves ayant droit à la restauration scolaire sera augmenté de 115 000 au niveau national, auxquels s’ajouteront 4 500 élèves par État.

·         Aux États-Unis, le revenu des parents sert à déterminer si un enfant a droit ou non à la restauration scolaire. Même si cette règle n’est pas supprimée, un programme de repas uniforme est désormais mis en place pour les catégories les plus modestes.

·         Proposer des formations et une assistance technique aux entreprises fournisseurs de repas scolaires, mais que personne ne doute une seconde de l’identité des propriétaires des quatre grands fournisseurs publics. ( United Fresh et LunchBox )

·         Garantir aux parents et aux éducateurs l’accès à l’information dans les établissements scolaires, et afficher systématiquement la valeur nutritionnelle, les ingrédients et la teneur en calories des aliments.

* Aide sanitaire WIC destinée aux États fédérés, et plus particulièrement aux femmes enceintes ou allaitantes à faibles revenus qui bénéficient de soins médicaux et participent à un programme lié à une alimentation saine. C’est donc comme le congé parental, mais en bien mieux, évidemment. 

Mobilisation de la société

Villes Aux États-Unis, il n’y a pas deux États identiques, encore moins deux villes identiques. Le pays est tellement diversifié sur les plans culturel, géographique et gastronomique, et à tous les autres égards, qu’il serait impossible de gérer ce problème depuis Washington de manière centralisée. Le programme Let’s Move a donc été conçu de façon à inciter les maires et les élus des villes et des communes à adopter un programme de santé à long terme, durable et holistique contre l’obésité. Dans la pratique, lorsqu’une commune rejoint le mouvement, elle reçoit des aides supplémentaires pour mettre le programme en œuvre, mais s’engage également à réduire, au cours de l’année suivante, les risques d’obésité dès la petite enfance, à proposer des aliments sains dans les écoles, rendant ainsi l’alimentation plus abordable et plus accessible, et à augmenter l’activité physique des élèves.

Clinique Faire entrer directement les professionnels de santé dans la vie scolaire. Organiser des cours et des conférences sur l’alimentation saine et l’importance de l’activité physique, et faire comprendre aux enfants combien ces sujets sont importants. Créer des points de santé et mobiliser des professionnels de santé, des conseillers, des diététiciens, autrement dit des prophètes qui alertent sur les dangers de l’obésité infantile. Tout cela à l’échelle nationale, et non dans le cadre d’une action ponctuelle de façade financée par des subventions, si possible avec une équipe à nos côtés.

Activité physique  Un programme appelé Junior Rangers est déjà en place aux États-Unis. Son principe est d’organiser le transport d’enfants vers les 50 parcs nationaux des États-Unis, pour des excursions et des séjours en camp de plusieurs jours. Let’s Move Outside en est une version améliorée. Il s’agit d’organiser des activités en plein air et de développer davantage le soutien déjà important accordé au sport. Le DHS (ministère de l’Intérieur) en fait une priorité et contribue à rendre l’organisation aussi efficace que possible. Si j’ai bien compris, Junior Rangers est une sorte d’activité de scoutisme dont le but est qu’un élève visite le plus grand nombre possible de parcs nationaux, où il reçoit un tampon, et que son école obtienne davantage de financements pour des voyages similaires après chaque tampon. C’est peut-être une sorte de programme pour découvrir son pays.

Foi et communautés Je n’ai pas vraiment compris l’essentiel, mais l’idée semble être que, puisque les membres de la communauté se rassemblent autour de la foi et que leurs dirigeants ont de l’influence sur les croyants, ils ont aussi le devoir de militer en faveur d’une alimentation saine et d’un mode de vie sain. Bien-être, apprentissage et foi constituent ici la sainte trinité. Ils ont aussi évoqué la faim, mais j’ai tout simplement été incapable de traduire cette partie. Vraiment, je ne comprends pas. Si quelqu’un a compris, qu’il m’explique de quoi il s’agit. Voici l’article.

L’Amérique des chefs cuisiniers Dans les régions les plus favorisées du pays, où la proportion de Blancs reste toujours bien supérieure à 70 % (c’est-à-dire la côte Est et les régions du Nord), les écoles ont depuis longtemps atteint, en matière de valeur nutritive et de restauration scolaire, le niveau que Let’s Move souhaite désormais faire atteindre aux régions défavorisées. (Les États du Sud, la côte sud-ouest et, bien sûr, les régions les plus malades du centre des États-Unis.) Des chefs hautement qualifiés travaillent depuis des années dans les régions développées, mais il faut maintenant mettre à profit l’expérience de plusieurs milliers de chefs. Obama demande à ces chefs de partir sur les routes pour transmettre leur savoir aux habitants des régions moins développées et à leurs enfants. Chaque école qui adhère au programme se voit affecter un chef, qui travaille ensuite en étroite collaboration avec les enseignants, les parents et les conseillers en mode de vie des écoles (car oui, ce poste existe). Ils enseignent de nouvelles techniques, présentent de nouvelles recettes et transforment radicalement les menus à la carte en adoptant un nouveau système et de nouveaux ingrédients. Un élément important du programme est un concours entre les écoles, qui permet de décerner le titre de « l’école la plus saine d’Amérique », assorti de subventions colossales. Autant dire qu’ils prennent cela très au sérieux.

 

Enfin, le cinquième et dernier volet du programme est le point dit Salad Bars to School, qui consiste à mettre en place des bars à salades complets dans les écoles. Il s’agit d’une enveloppe de prêts de 15 000 000 de dollars que les écoles peuvent solliciter pour aménager des bars à salades. Selon les données actuelles, 571 bars à salades ont déjà ouvert dans tout le pays, desservant 346 503 enfants, pour un montant d’environ 1 652 501 dollars. On ne peut pas dire qu’ils se précipitent, en tout cas.

Aux États-Unis, impossible de dépenser 25 cents sans que 76 groupes ou organisations d’intérêt ne fassent du lobbying à ce sujet, et je ne crains pas que, sur les milliards de dollars investis dans ce programme, une somme importante ne finisse pas par revenir dans les caisses des démocrates et, en particulier, de la fondation Obama. Mais, en l’occurrence, ce n’est peut-être pas si important. Ce qui compte bien davantage, du moins à mes yeux, c’est que le programme soit une réussite et qu’il donne des résultats. Car si c’est le cas, ce modèle nous parviendra peut-être d’ici quelques années, ainsi que cette façon de préparer l’avenir en s’appuyant sur un mode de vie sain. Je n’ai pas d’illusions à ce sujet : tant que, chez nous, la réforme du système de santé se résumera à 300 forints et à l’envoi de 100 serviettes et de 3 nouveaux tensiomètres à l’hôpital Saint-Jean, les choses se passeront très différemment en Europe, et surtout en Amérique. Et je ne parle pas seulement des ressources financières. Je parle de la solidarité collective, totalement inimaginable chez nous dans l’état actuel du pays. Je pourrais aussi citer l’initiative de Schobert Norbi, qui avait tenté de remettre en ordre les cantines et les buffets des écoles primaires. À l’époque, la belle équipe de Pepsi, Coca-Cola, Kellogg’s et Nestlé l’a purement et simplement torpillée, car les profits auraient risqué de baisser de 0,0001 % si les enfants n’achetaient plus cette foutue barre chocolatée et ce Sprite au buffet de l’école. Non pas que les municipalités aient montré beaucoup d’enthousiasme pour mettre en œuvre ce genre de réformes. Il n’y aurait sûrement pas eu assez d’argent à reverser dans les boîtes Nokia, ou bien ils n’avaient pas le temps de s’en occuper entre deux ventes de biens immobiliers à prix cassé. Peu importe, car l’essentiel, c’est qu’il n’en est rien sorti. Mais tôt ou tard, le gouvernement devrait aussi comprendre que la politique démographique dont on parle tant ces derniers temps devrait inclure l’alimentation saine et équilibrée de la génération qui grandit, ce qui devrait être l’une des principales missions de l’État.

À mon avis, le plus grand trésor et l’avenir d’une nation, c’est la génération qui grandit aujourd’hui. La laisser partir, créer dans le pays des conditions qui ne lui laissent d’autre choix que d’aller travailler à l’étranger, ou, pour ceux qui sont restés ici, ne pas poser les bases d’une alimentation saine dès l’enfance, c’est de l’irresponsabilité de la part des parents et une politique gouvernementale défaillante. Une de mes amies m’a demandé ce que je ferais si j’avais un enfant et qu’il mangeait des saloperies malsaines… D’abord, je ne le laisserais pas manger ce genre de choses. Ensuite, si je le voyais faire, je lui en collerais une immédiatement, et je le ferais pour son bien. Car il y a une chose que tous les parents devraient retenir, et très sérieusement : l’enfant imite ses parents en tout. Dans son mode de vie, son comportement, son style, et oui, aussi dans ce que ses parents mangent et dans les circonstances où ils le font. Je serai un père strict et intransigeant, qui voudra consciemment donner le meilleur à son enfant. Il pourra pleurer pour avoir des beignets, du chocolat et Dieu sait quelles autres saloperies : s’il ne les obtient pas, il finira par arrêter. C’est le devoir des parents d’agir ainsi pour que la génération qui nous succède devienne adulte en bonne santé. Et c’est là qu’entre en jeu l’immense responsabilité du gouvernement : une fois sorti de la maison, l’enfant mangera à l’école, et il incombe alors aux autorités de décider ce qu’on lui propose dans le cadre organisé, ou ce qu’il pourra acheter à la cantine. Nous devons changer les choses à tous les niveaux, car nous risquons de finir par constater que nous n’avons qu’un présent, mais plus d’avenir, et qu’il ne nous reste qu’à nous lamenter sur le passé. À mon avis, nous avons déjà eu assez de raisons de le faire pour plusieurs centaines d’années, car le Dieu des Hongrois nous a déjà assez malmenés…

 

Vous pouvez consulter toutes les sources de l’article dans leur version originale sur le site  www.letsmove.gov 

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